Les origines de la typographie : une histoire gravée dans le fer

LES ORIGINES EN ORIENT

Les premiers essais typographiques remontent au XIe siècle avec Bi-Cheng (forgeron alchimiste) qui créa des caractères en terre cuite, qu’il rassembla et colla ensuite dans un cadre de fer. Ensuite, c’est au tour de la Corée au XIVe siècle, avec l’adaptation des techniques de l’époque en gravure métallique, dans le but de confectionner des « types » en bronze. Le traité bouddhique du moine Kyonghan (1377) est un des premiers ouvrages connus imprimé à l’aide de ces caractères en fer. La réforme de l’alphabet en 1434 et la création de caractères fondus en plomb signent l’apogée de la typographie coréenne, qui connaîtra peu de changements jusqu’au XIXe siècle.

 

L’APPARITION EN OCCIDENT

En Occident, l’apparition de la typographie est liée à plusieurs facteurs dont la diffusion du papier, l’usage de la presse pour écraser le raisin et l’invention d’une encre moins fluide. Gutenberg au milieu du XVe siècle, imprime sa bible b42 à Mayence («42» fait référence au nombre de lignes par page). Lui emboitant le pas, plusieurs centaines d’ateliers fleurissent rapidement en Europe, notamment à Venise où vont se codifier les premières règles du livre (titre, frontispice…). Chaque imprimeur signe ses œuvres grâce à un symbole unique. Nuremberg n’est pas en reste, au centre de ce bouillonnement culturel, deux typographes de renom y ont élu domicile : Ulrich Zel et Gunther Zainer.

 

LE DÉVELOPPEMENT

À la même époque, Nicolas Jenson, après un séjour à Mayence, part à Venise où il créa la Lettara antiqua formata, au style « romain » droit, en opposition à « l’italique », inventé par Alde Manuce dans un souci de mimétisme de l’écriture manuscrite. De 1530 à 1540, Claude Garamond grave les Garaldes, qui convertiront une grande partie de l’Europe à l’alphabet latin. Au cours du XVIIIe siècle, Pierre Simon Fournier invente le «point fournier », mesure typographique qui précède le «point didot », créé quant à lui par la dynastie du même nom. En Angleterre, William Caslon dessine des caractères romains (1734) qui serviront après sa mort pour imprimer la déclaration d’indépendance américaine de 1776. Au sud de l’Europe, en Italie, Gianbattista Bodoni propose dans son Manuale Tipografico des caractères avec des pleins et des déliés raffinés. Au cours de l’ère industrielle, la demande est forte dans le domaine de la publicité. À cette occasion, on constate la création de caractères « antiques » (inspirés de l’alphabet grec), sans empattements (exemple : Akzidenz, proche ancêtre d’Helvetica). En parallèle, le développement de la presse et des maisons d’édition favorise la mécanisation de l’assemblage des caractères mobiles (Monotype) et des lignes (Lynotype).

 

 

LE XXE SIÈCLE

Dans la première moitié du XXe siècle, les artistes se réapproprient la typographie pour la réinterpréter à travers leur prisme. Cassandre, russe installé à Paris, crée le Peignot (1937), que l’on retrouve sur le palais de Chaillot. À Londres, Stanlez Morison (1937) créa pour le Times un caractère adapté aux exigences de la presse (étroit, jambages courts, déliés suffisamment épais) connu aujourd’hui comme le caractère de base sur tous les ordinateurs. Au Bauhaus, Jan Tschichold publie en 1928 Die Neue Typographie, et théorise alors le fonctionnalisme dans la typographie. Herman Zapf conçoit Palatino en 1948 et l’Optima en 1958. En 1957, Max Miedinger dessine Helvetica, d’abord baptisé Neue Haas Grotesk. La même année Adrian Frutiger crée Univers. Les années 70 voient exploser le dynamisme de la création américaine au sein de structure comme ITC (International Typface Corporation) ou encore la revue U&Ic (Upper & lower case). Plus proche de nous, l’utilisation des logiciels de traitement de texte et la profusion de caractères change la vision du grand public sur la typographie. Grâce à internet, les fondeurs disposent d’une tribune sans précédent. Les circuits se raccourcissent, des relations directes se créent. Mais s’il y a une chose qui gouverne la typographie depuis sa création, c’est bien la dictature de l’harmonie… il y a pire comme régime autoritaire, vous ne pensez pas ?

 

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Article co­-écrit dans le cadre du partenariat KobOne / Exaprint

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