Odilon Redon, prince de mes rêves et des couleurs…Exposition au Grand Palais- Paris jusqu’au 20 juin 2011.

L’exposition « Odilon Redon » actuellement au Grand Palais à Paris n’est à manquer sous aucun prétexte…

Les couleurs me font vibrer et ce depuis mon plus jeune âge; Un matin d’hiver lugubre lors d’un cours d’histoire de l’art, j’eus un coup de foudre : ce fut ma rencontre avec Odilon ; pas le beau brun ténébreux de la classe d’à côté mais Odilon Redon (1840-1916), le peintre de l’imaginaire. Je me souviens du choc que j’ai ressenti en voyant ses tableaux colorés. Des pastels incroyables. Pourtant cette technique me laisse souvent de marbre. En pleine période naturaliste, contemporain des impressionnistes, Odilon était persuadé que « tout se crée par la soumission docile à la venue de l’inconscient ».  J’aime l’idée que le « lâcher prise » puisse être à l’origine d’œuvres magnifiques.

Pour mes dix sept ans, mes parents m’ont offert un livre sur l’artiste qui ne m’a jamais quittée et que j’ai souvent feuilleté en rêvassant.

Du coup, quel bonheur lorsqu’une affiche m’attire le regard dans la rue : « Odilon Redon, Prince des rêves », exposition au Grand Palais, à Paris, jusqu’au 20 juin 2011.

J’y cours avec ma sœur et une amie néophyte ! Elles en ressortent comme moi, bouleversées, des images plein la tête.

L’exposition suit la vie de l’artiste.

Ce dernier a commencé en ne dessinant que des œuvres au fusain ; l’ambiance y est donc très graphique, assez sombre, mais tellement moderne. Toutes ses œuvres interpellent :

La « tête laurée derrière une grille »(1882) vous observe.

L’ « araignée souriante » (1881) vous nargue avec son expression énigmatique.

Caliban sur une branche Humpty Dumpty Jeune fille au bonnet bleu L'araigne¦üe souriante L'oeuf

On se croirait parfois dans des illustrations d’Alice au pays des Merveilles. Le tableau « L’œuf » nous fait penser au « Humpty Dumpty » du livre de Lewis Caroll.

Le « Tétard » (1883) ou le « Caliban sur une branche » (1881) nous évoquent immédiatement le livre qui a bercé l’enfance de certains « Max et les Maximonstres ».*

Pendant cette période, Odilon Redon, de son vrai prénom Bertrand, a également illustré les écrits d’auteurs célèbres tels que Edgar Poe.

En 1860, grâce aux traductions de Charles Baudelaire, il découvre l’écrivain américain. Il est immédiatement séduit par l’univers fantastique et onirique de ce dernier. En découle une série de six lithographies légendées par Odilon Redon lui-même, qui prouve aussi la qualité de sa plume. Apparemment même les auteurs célèbres de l’époque lui enviaient son aisance stylistique. J’en reste muette  en recopiant ses phrases si géniales  qui accompagnent les tableaux.

Et un jour, Odilon Redon quitta le monde de ses lithographies et de ses « dessins noirs » pour explorer le monde de la couleur ; La deuxième partie de l’exposition est donc une explosion de gammes colorées magiques. C’est cet artiste qui m’avait touchée quinze années auparavant sur les bancs du lycée.

Les tableaux tels que « Jeune fille au bonnet bleu »(1898), où le bonnet bleu nous évoque le bleu Klein !, « Profil sur méandres rouges »(1900), « Hommage à Gauguin »(1903-1904) ou « Le vitrail »(1907) pour n’en citer que quelques-uns, tableaux réalisés au pastel, sont à couper le souffle.

L’exposition se termine sur la partie « Arts décoratifs » de l’artiste.

On y trouve les murs de la salle à manger du château de Domecy qu’il a créés en 1900-1901 ; la flore constitue une grande source d’inspiration ; la salle est magique ; on pense à Klimt, aux paravents japonais…Il a aussi imaginé des dessins d’art textile pour des fauteuils, par la Manufacture nationale des Gobelins.

On ressort de l’exposition en se disant qu’Odilon Redon était vraiment un artiste complet, parfois méconnu du grand public, mais qui vaut le déplacement! Et  l’on pense « à la déesse de l’intelligible au profil sévère et dur »  et au « polype difforme qui flottait sur les rives sorte de cyclope souriant et hideux »…qui peuplent le Grand Palais pour un petit mois encore…

*livre de Maurice Sendak, publié en 1963,  dont un film, réalisé par Spike Jonze a été tiré, en 2009. Des tee-shirts édités chez Colette, la boutique parisienne branchée,  entre autres, ont d’ailleurs vus le jour à la suite de la sortie du film http://www.trendymood.com/max-et-les-maximonstres-chez-colette .

Max et les maximonstres

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