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Ce que je peux dire
de mon travail est qu'il est proche de l'écriture
automatique des surréalistes. La plupart des peintures
exécutées et présentées ici
relèvent d'un geste spontané qui parcourt
la surface des différents supports. Cette spontanéité
est portée par des tendances plastiques relativement
rigoureuses dans l'organisation du plan, l'enchaînement
graphique des signes. S'il y a contrôle, c'est de
l'ordre de l'intution et d'organisation inconsciente.
La volonté de limiter mes peintures à un
travail du trait tient au fait qu'à l'heure actuelle,
l'approche assez longue de la matière et de la
couleur paraît me freiner dans l'élaboration
de mes peintures. Il doit y avoir un rapport aussi entre
ma perception de la vitesse omniprésente du monde
contemporain et la rapidité d'exécution
de mes peintures : peut-être la volonté prétentieuse
d'inscrire la vie.
Je suis sur sur le chemin de l'art approprié à
certaines formes plastiques et graphiques de civilisations
passées tels les Celtes, les Scythes, les Mayas,
les Indiens du Mexique et d'autres tels les Égyptiens.
J'ai ressenti dans leurs manifestations artistiques une
course : il m'a semblé dans un même temps
que reprendre ces formes était aussi une opération
« magique » qui pouvait me mettre en contact
avec le contenu significatif, expressif, métaphysique
de ces formes nu signes. Je tenais à préciser
ce point important afin de ne pas assimiler mon travail
à un quelconque exotisme anachronique.
Mes peintures contiennent beaucoup de signes et de formes
qui prennent, racine dans des concepts de passage, de
circulation, d'enveloppement et où la sexualité,
la nature, ses métamorphoses et parfois la mort
sont présents. J'ai le sentiment de faire plus
un travail d'archéologie de signes et de formes
qui habitent mon imaginaire que de vouloir réaliser
des tableaux bien faits.
Pour ce qui est du 'dessin au sol, il appartient à
aisé préoccupation personnelle du sol car
il est, bien sûr, le sol de la terre, et aussi le
lieu d'un contact physique permanent avec le réel.
On y prête rarement attention car nous avons toujours
le regard porté vers l'avant, c'est?à?dire
vers le futur, alors que posé le regard au sol
c'est immédiatement prendre conscience (le l'endroit
air vans ils et (lit moment présent : donc d'avoir
les pieds sur terre.
Je n'ai pas la prétention de faire des oeuvres
mais d'avoir engagé une recherche, c'est pourquoi
mon travail est à l'opposé de l'idée
de série. Il est soutenu par l'idée de découverte.
La feuille blanche est toujours pour moi un espace ouvert
et extraordinairement moteur, très loinde cette
angoisse mythique dont on parle tant et qui est plutôt
un stéréotype plus qu'une réalité.
J'espère que cette exposition vous apportera le
plaisir que j'ai eu à la mettre en place. |