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Villeneuve
sur Lot |
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Salon livres
du sud |
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Salaam Villeneuve... |
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>> La toile
de tente est désertée. La grande librairie
des Livres du Sud a remballé ses cartons. Restent
des souvenirs de rencontres |
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"En élevant
ses filles comme ses fils, en leur donnant ainsi une éducation
plus ouverte, allant d'une certaine manière à
contre courant des pratiques habituelles, il est possible
que ma mère, scolarisée chez des soeurs
françaises, ait été atteinte parles
effluves de la Révolution française ».
En concluant samedi son intervention lors des débats
qui balisaient le salon, Salwa.Balr, femme, écrivain,
engagée politi?, que, donnait une perspective très
contemporaine aux liens qui « unissent» France
et Égypte depuis pl sieurs générations.
Une maniè~aussi de dire que la terre des Pharaons
est un pays vivant, moderne et tourné vers autre
chose que son passé, même s'il ne faut pas
le rejeter car les clefs d'hier permettent toujours de
comprendre le présent. Un cheminement débattu
sous divers angles au cours du salon, dans des temps très
suivis par le public. Des propos d'un niveau et d'une
subtilité parfois hors de portée des connaissances
d'une partie des aiditeurs, mais qui donnaient cependant
l'envie d'en savoir plus. Selon les motivations de chacun
: la découverte de la création littéraire
égyptienne contemporaine pour les uns, le sentiment
de vivre des moments uniques pour d'autres, la satisfaction
de « voir enfin en chair et en os » des auteurs
aimés, aperçus à la télévision,
ou découverts au fil des stands du salon. |
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CHOSES
VUES
Un élan à mettre au crédit du salon,
une proximité que l'on ne peut renier et qui en
charme plus d'un. Mais l'approche est aussi à double
tranchant, car on peut être déçu de
telles ou telles absences - les unes excusées,
les autres inexplicables ou du dédain. de certains
- la célébrité transforme les gens
et les fait se rendre inaccessibles. |
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Mais foin de ces déceptions,
d'autres moments viennent les racheter au centuple : la
joie des plus jeunes d'apprendre à "jouer
avec les lettres des scribes " lors des ateliers
de Jean-Loup Clément, la qualité d'écoute
des contes du Nil dits par Anne-Marie Frias " deux
des artistes locaux qui contribuaient aux temps scolaires
", se faire dédicacer un ivre sur un coup
de coeur ou au contraire, parce qu'on le connaît
tant qu'une rela tion privilégiée semble
s'être nouée entre soi et l'auteur, toucher
presque sensuellement les livres et les choisir aussi
parce que l'objet nous parle, retrouver ses passions d'apprenti-archéôlogue
et ne plus savoir où donner de la tête devant
tant d'ouvrages consacrés à l'Égypte... |
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Et puis, vues devant
les stands des libraires; dès scènes cocasses
ou symboliques.' Celle où le « simple »
visiteur-lecteur devient prescripteur ou critique pour
la personne qui est à côté d'elle:
« prenez-le celui là, je l'ai lu, c'est formidable
».
Celle où on hésite, les yeux perdus de gourmandise
et l'esprit calculant le budget que l'on s'accorde «
bon, qu'est ce que je vais acheter à ma mère
mais qui me plaît aussi pour que je le lise après
? ». Celle où on tombe littéralement
sous le charme " au propre comme au figuré
" d'une écriture, celle du calligraphe Lassad
Metoui qui manie les calames et les choix de teintes d'encre
avec délicatesse et malice
« je vous écris votre prénom pour
dix francs, et pour les explications, c'est un franc de
plus, comme le gars qui m'a demandé un supplément
pour la moutarde de mon sandwich... ». |
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Christine Duchesne
"La dépêche"
6 Avril 1998
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