La pratique de l'art
est en pleine mutation. Le passage de relais à
la tête de l'école municipale des Beaux-Arts
de Vélimir Kovatchevski à Etienne Baboulène,
l'incendie d'Anatole-France réduisant la vieille
école au silence, le transfert de ses ateliers
à l'Oustal et l'ouverture récente des cours
de gravures et dessins à la villa Rapin, ont illustré
la révolution tranquille de ces derniers mois avec
le transfert du patrimoine local à l'espéré
musée de Gajac.
La silhouette dé Teizo Ogaki, le maître local
de la gravure, se devine désormais au coeur de
l'atelier du rez-de-chaussée de Rapin où
règne aussi l'imposante presse, clé de voute
des oeuvres de l'artiste et de l'apprentissage de ses
élèves. Deux fois par semaine, les acteurs
de la gravure donnent ainsi un nouveau souffle à
la villa avec ceux adeptes du dessin, adolescents et adultes
en quête d'inspiration, les mardi et vendredi. A
la tête de l'apprentissage pictural villeneuvois,
son nouveau directeur Etienne Baboulène porte
le regard vivifiant d'une jeunesse inspirée et
la sagesse d'un gestionnaire sensible au coût
des choses.
La pratique culturelle est un investissement lourd pour
une collectivité et qui doit se concevoir dans
la durée » analyse froidement ce jeune
homme. Plusieurs années lui seront sans nul doute
nécessaires pour mettre en place le schéma
envisagé.
Dans les grandes lignes, Etienne Baboulène imagine
bien (association qui peut se concevoir à l'Oustal
entre musique et peinture. « L'endroit idéal
pour accueillir les jeunes pouvant ainsi passer de la
pratique instrumentale à la peinture »
analyse-t-il. Un apprentissage culturel, multi-palette
qui sied bien aux enfants.
LUDIQUE ET FESTIF
Le directeur de l'école voit aussi dans l'environnement
paysager de Rapin, le cadre idéal pour concevoir
une serre où pourraient fleurir les oeuvres de
sculptures.
Il ne néglige pas non plus l'opportunité
du voisinage de la Tour de Pujols et sa maison mitoyenne,
lieu idéal pour concevoir « résidence
et expositions d'artistes en devenir, en confrontation
toute pacifique avec d'autres artistes en renom susceptibles
d'accrocher à la Tour de Paris " laisse-t-il
entendre.
En même temps, le directeur veille à maintenir
une ambiance ludique et festive dans un établissement
qui se veut ouvert. « Un lieu où on peut
travailler dans la diversité mais aussi s'amuser
» affirme Etienne Baboulène.
Ce jeune homme, ancien élève de l'école
nationale de Bourges, souhaite en effet s'inspirer de
la formation héritée de trois de ses anciens
professeurs. « J'ai eu la chance de travailler
au contact d'enseignants très différents
» confie le directeur, héritier ainsi d'une
culture élargie refusant dogme et sectarisme.
Une chance pour des élèves qui, de la
photo à la peinture en passant par une bibliographie
tournée sur (histoire de l'art, trouveront matière
à développer leur propre sensibilité.
« Dans une société en crise, tournée
aussi vers le loisir, l'art est une clé pour
qui veut voir ce qui nous entoure » affirme le
directeur,
L'avenir dira le reste. Le présent garantit une
démarche ouverte à tous, loin des tours
d'ivoire et des endroits convenus.
En cela, Villeneuve tient l'essentiel d'une démarche
prometteuse. |