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  << Retour liste des articles Villeneuve sur Lot 25-11-97
  EXPOSITIONS
A la vie , à la mort...
  >> Aux mois d'avril et mai, les élèves de l' Ecole d'art André Malraux sont invités à une exposition un peu particulière. Etierne Baboulène leur propose d'accrocher leurs oeuvres dans les rues, de les livrer aux regards des passants, aux agressions du temps et des vandales. Jusqu'à la mort...
  Le projet d'Etienne Baboulène ne va pas manquer de perturber, de séduire ou d'offusquer les jeunes élèves de l'Ecole d'arts André Malraux... Croyaient-ils archiver religieusement toutes leurs oeuvres réalisées dans les ateliers villeneuvois et accrocher les plus réussies aux murs de la salle à manger familiale, le jeune directeur leur propose, pour les mois d'avril et mai, une exposition de peintures, photos et sculptures dans les rues de Villeneuve. Les murs des immeubles pour cimaises, les passants pour spectateurs et, hélas pour eux, les vandales et les caprices de la météo pour détruire ce que l'on a mis tant de temps à créer et que l'on offre en sacrifice sur l'autel de l'apprentissage de l'art...

Du gâchis ? « Plutôt un projet pédagogique original où l'élève apprend à travailler, à regarder, une perception différente de la création artistique et une occasion unique d'inscrire - certes de façon éphémère- son oeuvre dans le patrimoine culturel et urbain de toute une ville. Et puis, ajoute Etienne Baboulène, en référence à celui qui l'a inspiré, c'est parce que les choses meurent qu'elles montrent qu'elles sont vivantes ».

A l'instar d'Ernest Pignon Ernest dont les immenses lithographies ont par exemple recouvert les pavés parisiens, les murs de la capitale et fait souffler un vent nouveau sur l'art urbain, les élèves des cours villeneuvois vont, à leur tour, faire don de leurs travaux à la rue. < Comme nous n'avons pas les mêmes moyens que ceux d'Ernest Pignon Ernest, nous travaillerons beaucoup à partir de peintures sur papier, de photos, de sculptures et de photocopies grandeur-nature ou de petit format, selon les envies des élèves. Ensuite, chacun les accrochera sur le lieu qu'il a choisi, en sachant que nous solliciterons, bien entendu, toutes les autorisations d'usage », a prévenu Étienne Baboulène, en révélant la philosophie de son projet...
« La démarche la plus logique voudrait que l'on se livre d'abord à des séances de repérage pour choisir les lieux, observer les décors naturels , la couleur des murs, la lumiere en fonction des heures, lespace)' pour un mariage réussi entre, l'oeuvre et son environnement.
Quand tout sera installé la tour de Paris deviendra un lieu stratégique de l'exposition où seront recensés tous les endroits à visiter ». Alors, le temp pourra faire son ouvrage. « En général, on créé une oeuvre pour qu'elle dure avec cette impression, sans doute, d'acceder un peu à l'immortalité. J'aime l'idée d'Ernest Pignon Enerst parce qu'elle renvoi à la nature humaine, à sa fragilité. Avant de mourir, tout ce que l'on posé aura bien vécu. >.

  Lionel LAGARDE
"La Dépêche"
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