| Le projet d'Etienne
Baboulène ne va pas manquer de perturber, de séduire
ou d'offusquer les jeunes élèves de l'Ecole
d'arts André Malraux... Croyaient-ils archiver
religieusement toutes leurs oeuvres réalisées
dans les ateliers villeneuvois et accrocher les plus réussies
aux murs de la salle à manger familiale, le jeune
directeur leur propose, pour les mois d'avril et mai,
une exposition de peintures, photos et sculptures dans
les rues de Villeneuve. Les murs des immeubles pour cimaises,
les passants pour spectateurs et, hélas pour eux,
les vandales et les caprices de la météo
pour détruire ce que l'on a mis tant de temps à
créer et que l'on offre en sacrifice sur l'autel
de l'apprentissage de l'art... Du gâchis ? «
Plutôt un projet pédagogique original où
l'élève apprend à travailler, à
regarder, une perception différente de la création
artistique et une occasion unique d'inscrire - certes
de façon éphémère- son oeuvre
dans le patrimoine culturel et urbain de toute une ville.
Et puis, ajoute Etienne Baboulène, en référence
à celui qui l'a inspiré, c'est parce que
les choses meurent qu'elles montrent qu'elles sont vivantes
».
A l'instar d'Ernest Pignon Ernest dont les immenses
lithographies ont par exemple recouvert les pavés
parisiens, les murs de la capitale et fait souffler
un vent nouveau sur l'art urbain, les élèves
des cours villeneuvois vont, à leur tour, faire
don de leurs travaux à la rue. < Comme nous
n'avons pas les mêmes moyens que ceux d'Ernest
Pignon Ernest, nous travaillerons beaucoup à
partir de peintures sur papier, de photos, de sculptures
et de photocopies grandeur-nature ou de petit format,
selon les envies des élèves. Ensuite,
chacun les accrochera sur le lieu qu'il a choisi, en
sachant que nous solliciterons, bien entendu, toutes
les autorisations d'usage », a prévenu
Étienne Baboulène, en révélant
la philosophie de son projet...
« La démarche la plus logique voudrait
que l'on se livre d'abord à des séances
de repérage pour choisir les lieux, observer
les décors naturels , la couleur des murs, la
lumiere en fonction des heures, lespace)' pour un mariage
réussi entre, l'oeuvre et son environnement.
Quand tout sera installé la tour de Paris deviendra
un lieu stratégique de l'exposition où
seront recensés tous les endroits à visiter
». Alors, le temp pourra faire son ouvrage. «
En général, on créé une
oeuvre pour qu'elle dure avec cette impression, sans
doute, d'acceder un peu à l'immortalité.
J'aime l'idée d'Ernest Pignon Enerst parce qu'elle
renvoi à la nature humaine, à sa fragilité.
Avant de mourir, tout ce que l'on posé aura bien
vécu. >. |