| Ce qui apparaît
dans le regard, c'est cette dialectique de la verticalité
I horizontalité qui émerge dans l'espace
pictural de ces toiles. Mous sommes, face à ces
toiles, en présence d'une symbolique fondamentale,
primitive qui passe, dans l'histoire de l'érection
des Dolmens à l'Édification des Temples
Égyptiens, Grecs, dont les colonnes sont autant
de lieux de l'Écriture sacrée. Colonnes
que l'on perçoit dans ces bandelettes écrites
qui parcourent de haut en bas les peintures de Lassaâd.
Parfois les rouleaux de la Thora semblent s'inscrire sur
cet espace noir, accrochant la lumière de cette
trace laissée.
Tous ces symboles de verticalité
sont, bien sûr, présence intérieure
d'une volonté d'ascension spirituelle chez Lassaâd
Métoui. Si l'apparence d'une double signification
du plein et du vide (notion picturale occidentale) semble
organiser cette Création, la vérité
relie, en fait, le noir de l'Écrit au noir de
cet espace noir de la toile, sur deux plans : le même
noir qui est peint et qui est écrit, le dialogue
entre le noir et le Blanc. Si le noir tire son origine
dans la couleur du Tombeau du Prophète et le
Blanc dans l'idée de pureté, alors dans
ce message d'amour passant par la Femme, que Lassaâd
Métoui écrit, la Spiritualité est
bien la source vitale de la rencontre de l'un et de
l'autre.
L'espace pictural que Lassaâd met en place est
déjà un lieu de rencontre, rencontre de
Cultures différentes. Sa façon de découper
ses plans d'Écriture fait immédiatement
penser au découpage et a la pratique du tallage
chère à beaucoup d'artistes occidentaux.
Tuais c'est de façon plus globale que son espace
pictural s'inscrit dans la peinture moderne et contemporaine
: la planéité de la surface en est le
concept fondamental.
Ce texte ne se veut pas une analyse de la création
picturale de Lassaâd Metoui mais un regard de
quelqu'un touché par sa force d'Expression. |