Alain Béthune

Interview Conseil, consulting freelance Fontenay-sous-Bois 

Mon travail : Pourrais-tu nous expliquer en quelques mots quelle est ton activité?

Mon activité consiste à apporter une solution conceptuelle aux projets de mes clients. Cette solution peut être visuelle, rédactionnelle ou les deux à la fois. Ma méthode ? Écouter, ressentir, interpréter en images ou en mots, souvent les deux. Il peut s'agir de créer un support de cours de SVT, imaginer la vente en ligne de menuiseries sur mesure à poser soi-même, mettre en forme une série de tutos vidéos de jardinage, inventer le logo d'une écurie où l'on pratique l'équithérapie…

Mes clients, mes projets : Quel est le type de client pour lequel tu travailles le plus aujourd’hui ? Pour quels nouveaux clients souhaiterais-tu travailler ?

Je travaille pour des entreprises de divers secteurs : l’industrie, le e-commerce, les collectivités par exemple. Mais aussi, et depuis toujours, pour la presse, l’édition ou la communication. Ce sont pour la plupart des structures « à taille humaine », avec un même interlocuteur sur la durée, à l'intuition pertinente, aux idées parfois bien perchées et au service comptable hyper-réactif. C'est le genre de partenaires avec lesquels j'aime travailler.

Vision de mon métier : Quels sont les sujets ou préoccupations par rapport à ton métier qui te questionnent?

Beaucoup de choses me questionnent dans ce métier depuis le temps que je le pratique, en groupe ou en solo. La première est sans doute la difficulté à le nommer. Graphiste ? Designer ? Concepteur ? Auteur ? Consultant ? Même pour l’administration, ce n’est pas facile. L’aspect technique du métier tendrait à imposer des règles alors que son côté artistique permet un certain chaos. Ensuite, et du coup peut-être, se pose un problème de reconnaissance dont découle, à mon avis, une dévalorisation flagrante. Pour mémoire, un maçon facture 450 €HT par jour, un garagiste, 64 € de l’heure. En Suisse ou au Royaume-Uni, ces problèmes ne semblent pas exister.

Ma formation : Peux-tu nous présenter ton parcours et nous en donner les points forts ? Quels sont les spécificités de ta formation ?

Après une année de prépa aux arts appliqués Duperré (Paris), j’ai poursuivi des études de psychologie et de sciences du langage. Et puis j’ai très vite commencé à travailler. D’abord comme graphiste/illustrateur pour une revue littéraire (Taille Réelle - Nouvelle Donne), et comme auteur de BD pour plusieurs fanzines européens (Sapristi !, Kromix, Banda…), puis comme designer industriel pour la Sagep - Eau de Paris. Les bases étaient jetées : l’image, le texte et le concept. Plus tard, j’ai suivi une formation d’infographiste 3D afin d’élargir ma vision au volume et au mouvement.

Mes références : Quels sont pour toi les référents de ton métier, les projets ou personnages qui ont marqué ton métier ou ta culture personnelle et professionnelle?

Ils sont nombreux ! Des graphistes, bien sûr, de Henryck Berlewi à Jean Widmer en passant par le groupe Grapus, pour ce qui concerne le concept et la forme. Des peintres aussi, comme Lyonel Feininger, Johannes Itten, Peter Klasen, pour leur travail sur la composition et la couleur. Des artistes de spectacle vivant comme Philippe Decouflé, Philippe Genty, Nikolaus Holtz pour leur maîtrise de l'espace et leur sens du détournement. Des réalisateurs comme Jean-Pierre Jeunet, Hayao Miyazaki et Michel Ocelot, pour la cohérence et la profondeur de leurs univers. Et puis des auteurs comme Jaques Prévert, Jean Vautrin ou Jean Teulé, qui ont en commun d’avoir aussi un « œil ».

Mes outils : Quels sont les logiciels et matériels que tu utilises le plus souvent ?

Mon outil quotidien est un iMac farci à la suite Adobe. Mais je peux tout aussi bien travailler sur un PC ou avec des logiciels libres. J’utilise également la suite Microsoft, car le texte représente souvent une part importante de mon travail : rédaction intégrale ou simple relecture. Longtemps, j’ai dessiné sur Painter avec une tablette Wacom, puis directement à la souris sur Illustrator. Aujourd’hui, je reviens plutôt au dessin à la main, avec un stylo-bille.

Mes sources, ma culture : Le ou les sites sur lesquels tu vas régulièrement, les magazines que tu lis, les lieux et images qui t’inspirent…

Je suis un vrai cultivore ! Tout me nourrit : une enluminure médiévale autant qu’un rough de Philippe Starck. Une balade en forêt, une visite au musée. Tout, pourvu que se dégage une harmonie.